Réflexions succinctes sur l’économie actuelle

La crise économique mondiale survenue en 2008 était structurelle. Touchant la sphère bancaire, elle impacta durablement l’économie réelle avec des répliques en 2011, notamment la crise des dettes souveraines en Europe. La crise actuelle, provoquée non par un excès dû à des produits issus de l’ingénierie financière (subprimes) mais à un virus touchant la majeur partie des pays de la planète, est aussi structurelle car elle atteint l’activité économique dans son ensemble. Mais là où en 2008, la menace de la faillite du secteur bancaire faisait trembler l’ensemble de l’édifice, obligeant les états et les banques centrales à intervenir, en 2020, c’est l’arrêt proprement dit de l’économie mondiale (production industrielle, consommation) qui menace d’entraîner le monde dans une récession durable (sauf si la pandémie s’essouffle dans les prochaines semaines). Là encore les états et les banques centrales sont à la manœuvre. Pour résumer, c’est « open bar » : la Fed annonce un Quantitative Easing (rachat de dettes) sans limites, la BCE devrait suivre et les gouvernements réfléchissent, en plus des mesures déjà annoncées, à user de l’hélicoptère monétaire (consistant à distribuer directement de l’argent aux citoyens). C’est sans commune mesure avec la crise de 2008. Néanmoins on peut s’interroger sur l’efficacité de ces remèdes : le QE était déjà utilisé ces dernières années pour stimuler la croissance et rétablir l’inflation, sans résultats vraiment significatifs. L’économie est comme un corps, les organes fonctionnent grâce au sang, qui est l’argent dans le cas de celle-ci. Les échanges commerciaux nationaux et internationaux (nous n’avons jamais été aussi interconnectés) permettent une circulation de liquidités aussi bien dans la sphère financière que productive et la consommation en est une composante. Or successivement la Chine puis les pays occidentaux ont mis en quarantaine leurs populations respectives et par conséquence les flux monétaires sont en partie stoppés (la consommation est par exemple en train de se réduire aux produits de 1ère nécessité). Comment dans ces conditions, l’injection massive de liquidités pourrait résoudre le problème ? S’il n’y a plus d’achats, de ventes, hors biens de base, il n’y a plus de circuit monétaire réel. Déjà l’indice PMI en Europe (exprimé en pourcentage, il prend en compte les prises de commandes, la production, l’emploi, les livraisons et les stocks du secteur manufacturier. Il s’agit d’un indicateur reflétant la confiance des directeurs d’achat) a accusé une chute très importante au mois de mars. Il se pourrait que les recettes classiques de résolution de la crise de 2008 ne suffisent pas.

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